jeudi 13 mars 2008

quelle mauritanie demain ??

Quand on ne sait pas ou on va, on doit se rappeler d’où on vient. Ce pays est né de la volonté d’hommes soudés dans un projet commun : le désir de Mauritanie. Un désir si pur, si fort que leur combat a triomphé de l’indifférence des uns et l’hostilité des autres. Les Nations Unies nous ont reconnu avant la ligue arabe. Sans argent ni armes, ces hommes et ces femmes ont arraché un territoire plus vaste que les Etats-Unis, le Canada ou la France. Au fronton de la République, ils ont inscrit : Egalité- Fraternité- Justice. Ces faiseurs de Mauritanie étaient d’abord Mauritaniens. Certains de leurs héritiers aujourd’hui, n’ont pas totalement assumé cette identité composée, et peinent à imaginer de manière collective leur destin commun. Las Palmas, Dubaï, Kandahar, la toponymie, d’une tristesse infinie, est sans contenue historique. Les victimes de la guerre du Sahara, de la sécheresse, des conflits tribaux ou ethniques sont uniquement des Mauritaniens. Ceux qui souffrent de l’ajustement structurel et de la mondialisation, les oubliés de l’accès aux soins, à l’éducation l’eau et la nourriture ne sont ni à Gaza, Bagdad ou Dakar, ils sont dans les gazra et la Mauritanie rurale. Violence, drogue, mal être, et clivages destructeurs sont le quotidien d’ici. Avec tout le sérieux du monde, certains expliquent que le terrorisme, la délinquance et d’autres maux ont pour cause la perte des valeurs traditionnelles. Les réponses culturelles aux questions universelles ne font que biaiser les problèmes. L’hymne national ; Nachid Al Watani, qui connaît ? Plus que le même territoire, les Mauritaniens pour être une nation achevée, doivent partager des choses simples du quotidien d’une vie. (Mosquée, mariages, baptême etc..) Telle mosquée est fréquentée par les uns, moins par les autres, telle salle des fêtes est indiquée pour les cérémonies de telle communauté, ce n’est pas du racisme, ce n’est pas du communautarisme, c’est pire : C’est l’indifférence.
A charge aux Politiques, leaders d’opinion, intellectuels et chefs religieux, de baliser la voie vers cette nation indispensable.

Abdallah Mohamed Sissako

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