samedi 9 février 2008

NOS ELITES INTELLECTUELLES

Nos élites intellectuels, ont tout lu, tout vu, elles connaissent toutes les théories économiques, sociales et politiques. Leur connaissance des enjeux politiques, de l’Élysée à la maison Blanche, en Afrique et au moyen Orient ferait pâlir de jalousie les professeurs de sciences po et harvard. La mécanique se grippe dès qu’il s’agit pour eux de concevoir de manière collective un projet qui s’inscrive dans leur espace naturel ; aider et accompagner par leur connaissance, constituer un groupe de pression et innover. Cette élite, plus diplômée qu’intellectuelle sort des plus prestigieuses Ecoles et Universités. Du point de vue des études stratégiques, d’analyse et de l’anticipation, elle n’a pas un impact à la hauteur de ses connaissances et des ambitions pour leur pays. « L’intellectuel c’est celui qui refuse d’être le moyen d’un but qui n’est pas le sien. »(J.P.Sartre) Les ambitions de certaines élites sont d’être Ministre, Ambassadeur, Conseillé. Ce qu’elles deviendront souvent. Débarquées ensuite dans le mouvement d’essuie glace des gouvernements, nos excellences ouvrent un cabinet de consultant, en faisant le siège du système Onusien pour arracher quelques études. C’est ensuite le recyclage dans une opposition feutrée, pudiquement appelée mouvance Présidentielle. L’espoir obsessionnel de revenir aux affaires parasite l’essentiel. La cour ne rend pas heureux, elle empêche de l’être ailleurs. Nos artistes, sportifs et musiciens sont bien meilleurs. Des enjeux majeurs préoccupent en ce moment sans qu’on sente le moindre frémissement de leur part.
- L’énergie
- La défense
- La mondialisation.
- Le Terrorisme
L’Energie et le Pétrole : Les experts sont unanimes à reconnaître que d’ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du pétrole tournera aux alentours de 120 dollars. Conscients de cette réalité, certains pays ont mis sur pied des task forces chargées d’étudier et de proposer des solutions permettant de contrôler les ressources mondiales et d’assurer leur approvisionnement. Se retrouver sans pétrole signifie un retour à la préhistoire. Pour l’Afrique le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique, il suffit juste de pomper et de vendre
La défense stratégique : Les armées, généralement équipées de la quincaillerie du Pacte de Varsovie, viendraient péniblement à bout ne n’importe quel mouvement dont la force de frappe se résume à quelques Pick - Up et deux ou trois kalachnikov.
Il n’y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles antiaérien modernes. C’est encore le temps des canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états major datent de la colonisation. Aucun pays n’a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d’avions dans son espace aérien sans l’aide de forces étrangères. Il est possible de détruire en une journée toutes les structures d’une armée Africaine sans envoyer un seul soldat au sol. La recolonisation de l’Afrique, se fera sans état d’âme si c’est nécessaire à la survie de l’occident. Il ne faut pas idéaliser sur le droit International et les principes généraux de paix.
La mondialisation : Comme dans tous les sujets qui ont fait leur temps, nos élites répètent mécaniquement les arguments qu’elles entendent en Europe et ailleurs, à savoir :
- Rendre la mondialisation plus humaine,
- Aider les pays pauvres à y faire face.
La mondialisation est la forme civilisée de perpétuation des inégalités économiques. Le but du concept est de garder les pays pauvres comme pourvoyeurs de biens et ressources, le niveau de vie des riches est protégé. Le travail pénible, à faible valeur ajoutée est fait dans le tiers monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent parfois au même prix en 2007 en Afrique. L’Afrique continue d’être un réservoir de consommation de tous les produits fabriqués dans le monde. L’indépendance c’est d’abord un certain degré d’autonomie. Un seul embargo sur les livraisons de biens et de services suffirait à anéantir le continent. Le rapport de force demeure une constante de la cœxistence entre peuples.
Le terrorisme : « La Vérité n’égorge pas la gorge. »
Le 11 Sep 2001 a bien commencé en Afrique en 1998 avec les attentats de Nairobi et Dar Es Salam. Douze des 22 terroristes les plus recherchés après les attentas de New York étaient Africains. L’Afrique peine encore à se sentir concernée par la violence intégriste. « Qui n’empêche pas le mal, le favorise disait Cicéron.»
Nos intellectuels s’affranchiraient quand ils auront admis que le respect s’arrache par la force de l’intelligence, quand ils ne chausseront plus les lunettes des autres pour lire. Ils donneraient des raisons d’espérer en s’inscrivant dans un débat adulte constructif. Si gouverner c’est prévoir, aucun gouvernement ne refuserait de créer à leur intention un centre d’études Internationales stratégiques, espace favorable à l’expression de leur capacité de réflexion, d’analyse et d’anticipation sur les questions de fond.

Abdallah Mohamed SISSAKO

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