Elwalati
mardi 25 mars 2008
jeudi 13 mars 2008
quelle mauritanie demain ??
Quand on ne sait pas ou on va, on doit se rappeler d’où on vient. Ce pays est né de la volonté d’hommes soudés dans un projet commun : le désir de Mauritanie. Un désir si pur, si fort que leur combat a triomphé de l’indifférence des uns et l’hostilité des autres. Les Nations Unies nous ont reconnu avant la ligue arabe. Sans argent ni armes, ces hommes et ces femmes ont arraché un territoire plus vaste que les Etats-Unis, le Canada ou la France. Au fronton de la République, ils ont inscrit : Egalité- Fraternité- Justice. Ces faiseurs de Mauritanie étaient d’abord Mauritaniens. Certains de leurs héritiers aujourd’hui, n’ont pas totalement assumé cette identité composée, et peinent à imaginer de manière collective leur destin commun. Las Palmas, Dubaï, Kandahar, la toponymie, d’une tristesse infinie, est sans contenue historique. Les victimes de la guerre du Sahara, de la sécheresse, des conflits tribaux ou ethniques sont uniquement des Mauritaniens. Ceux qui souffrent de l’ajustement structurel et de la mondialisation, les oubliés de l’accès aux soins, à l’éducation l’eau et la nourriture ne sont ni à Gaza, Bagdad ou Dakar, ils sont dans les gazra et la Mauritanie rurale. Violence, drogue, mal être, et clivages destructeurs sont le quotidien d’ici. Avec tout le sérieux du monde, certains expliquent que le terrorisme, la délinquance et d’autres maux ont pour cause la perte des valeurs traditionnelles. Les réponses culturelles aux questions universelles ne font que biaiser les problèmes. L’hymne national ; Nachid Al Watani, qui connaît ? Plus que le même territoire, les Mauritaniens pour être une nation achevée, doivent partager des choses simples du quotidien d’une vie. (Mosquée, mariages, baptême etc..) Telle mosquée est fréquentée par les uns, moins par les autres, telle salle des fêtes est indiquée pour les cérémonies de telle communauté, ce n’est pas du racisme, ce n’est pas du communautarisme, c’est pire : C’est l’indifférence.
A charge aux Politiques, leaders d’opinion, intellectuels et chefs religieux, de baliser la voie vers cette nation indispensable.
Abdallah Mohamed Sissako
jeudi 6 mars 2008
Elwalati
Elwalati
LE VRAI FAUX MALENTENDU.
Les régimes politiques ne peuvent être isolés du reste de la structure sociale, l’un étant le contenant de l’autre.
Un Président, issue d’élections libres et démocratiques est l’invité inattendue sur une scène politique où il est peu ou pas connu. Cet “Indépendant ‘’Sidi ould Cheick Abdallahi, ne dispose pas de machine électorale. Face à lui, un chapelet de partis compose le paysage politique depuis 15 ans pour certains, avec des leaders d’une popularité réelle du moins pour les plus en vue. Sa victoire est elle révélatrice d’une culture inachevée de parti politique ; elle fixe à tout le moins les limites structurelles des partis à passer de la contestation, à la prise du pouvoir. Victimes collatérales du 03 Août 2005, ils (les partis) n’ont pas réussis à s’imposer comme alternatives naturelles crédibles. Des critiques parfois sévères sur l’action du gouvernement sont audibles en ce moment. Elles émanent souvent de personnes ayant voté pour le Président, les plus discrets dans la critique disent ne pas avoir voté pour. Gros malentendu ou simple musculation de salle de bain ? Au niveau de la classe politique il n’y a pas de malentendu. L’opposition pour reprendre une expression est une “opposition de concertation. Le renforcement des capacités des partis politiques est vital aujourd’hui. Les partis sont le clone du Prds, les moyens financiers en moins. Tous hypertrophiés, et véritables caléidoscopes de la société ; nationalistes arabes, harratines, islamistes, mouvement négro Mauritanien, conservateurs. Une caravane hétéroclite ou les courants de pensée sont incompatibles par nature. Culture du consensus et danse du ventre sont les constantes de cet équilibre insolite. C’est manifestement une construction collective autour de la quelle, seuls les non initiés et les mauvais perdants, hurlent encore. L’aboutissement du processus est simplement la consécration du pouvoir d’un homme. Le parti société, ou mouvement indépendant, appuyé sur l’armée, et l’administration sait compter sur l’adhésion des élites économiques et religieuses. L’Etat, ou ce qu’il en reste, ne signifie plus grand-chose. Les institutions, sans contenu véritable sont quasiment virtuelles ; la classe politique n’est pas encore une alchimie de personnalités, issues elles mêmes de réseaux, et prises de position structurés. Le mouvement Islamiste semble mieux élaboré avec des cadres, des militants de base formés, une culture politique et des objectifs clairs en terme de projet de société et de stratégie de conquête.
Les artisans d’une démocratie sont d’abord :
Un Personnel politique formé et ancré dans une base.
Une Société civile
Une Opinion publique
L’espace du pluralisme politique ici, renvoi à des conceptions et pratiques qui découlent de croyance à des principes généraux de moindre valeur.
Abdallah Mohamed Sissako

